
En vacances : Noirmoutier

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Le meilleur hommage à un écrivain qui vient de disparaître est de le lire!
j’ai donc repris La Rumeur d’Orléans à la suite de la lecture de Une rumeur dans le vent, un roman italien de Ilaria Gaspari qui se base sur une histoire analogue survenue à Rome en 1983 CLIC
Les deux livres sont différents : l’un est une fiction romancée, avec pour héroïne, une jeune vendeuse du magasin de confection. L’autre est un essai rédigé par une équipe de sociologues, résultat d’une enquête commandée par les institutions juives. Enquête menée par 5 sociologues. C’est un travail rigoureux qui rend compte des méthodes de travail, interviews sur le terrain, recherches dans la Presse. Des concepts très précis ont été forgés pour l’analyse : Mythe, anti-Mythe, conducteurs, anticorps…
Les schémas que Morin et ses collègues ont mis en évidence collent parfaitement au récit romain d’Ilaria Gaspari (peut-être s’en est elle inpirée?
le jumelage mythologique entre deux thématiques distinctes, l’une de traite des Blanches, l’autre concernant le juif ; celles-ci, aussitôt associées se combinent pour constituer un mythe à deux faces
Les sociologues vont explorer les deux pistes : celle de la traite des Blanches et les fantasmes des adolescentes qui ont été à l’origine de la rumeur, celle de l’antisémitisme dans la ville d’Orléans.
le foyer originaire est féminin, et particulièrement adolescent et juvénile
Diverses versions de l’antisémitisme sont abordées, antisémitisme nazi – on y pense tout de suite – mais aussi médiéval et les formes que la rumeur ont prises y font aussi penser avec la légende d’oubliettes, de souterrains connectés aboutissant à la Loire. Rejet des Juifs en tant qu’autres? pas forcément les 6 commerçants visés étaient particulièrement bien intégrés, sans accent étranger ni signes distinctifs. Jalousie, concurrence? Et déjà du côté de la Gauche un rejet du Sionisme après la Guerre des Six Jours, et une confusion antisémitisme, antisionisme. Déjà!
La lecture d’un texte scientifique n’est pas aussi fluide que celle d’un roman. Les auteurs discutent de chaque détail, reviennent à de nombreuses reprises sur des faits qu’ils examinent en tout sens. Mais c’est passionnant de voir la science en progrès. Les auteurs mettent en scène leurs doutes, pas d’affirmations peremptoires.
Ici on peut se poser la question de l’agent enzymatique initial : Qui a inventé ou lancé le mythe orléanais ?
Comment ? Pourquoi ? Y a-t-il eu à l’origine canular, autosuggestion, volonté de nuire, provocation antisémite?
L’hypothèse de la malveillance d’un concurrent et celle, plus plausible,
et cette dernière étonnante :
Orléans vivrait-elle encore à l’heure de Madame Bovary?
Aurait-on pu écrire cette phrase à propos de Rome?
Un texte encore actuel, à relire.
MASSE CRITIQUE DE BABELIO

la revue DADA Première Revue d’Art pour toute la Famille ne me déçoit jamais avec son éclairage original, décalé, amusant sur toutes les facettes des arts plastiques.
Qu’attendre de Autoportraits ? des tableaux de Grands Maîtres comme Rembrandt ou Van Eyck, ou Picasso désigné champion de l’autoportrait. ou une rencontre avec une moins connue Käthe Kollwitz que je découvre ici. Des photographies de Vivian Maier ou Claude Cahun…et m^me du Street Art avec Jeff Aerosol
Comme d’habitude, un atelier pour bricoler soi-même, enfant ou adulte, et bien sûr se faire soi-même son portrait.

Et la découverte d’un artiste méconnu : Maurice Ménardeau, peintre de Marine et des Outre-mers. Pour visiter son exposition, il vous aurait fallu prendre l’avion et aller à la Martinique à la Fondation Clément
POLAR HISTORIQUE (1959-1961)

Le Bon, la Brute et le Truand dans le Paris du début de la 5ème République, Papon règne à la Préfecture, la Guerre d’Algérie ne veut pas dire son nom, barbouzes et FLN, SAC et OAS.
C’était une actualité qui parvenait brouillée à mes oreilles de fille de 10 ans. On a fait des provisions quand la menace des généraux félons est parvenue aux ménagères. On a craint les plasticages de l’OAS à cause d’un homonyme qui avait signé le Manifeste des 121 qui a poussé le mauvais goût à résider dans la même rue. Mémoire lointaine que les filtres des historiens n’ont jamais éclairci pour moi. Le livre de Cantaloube remue des souvenirs.
Un massacre quai Montebello, une famille entière assassinée, est passé hors des radars de la Presse. Facile à imputer à des réglements de comptes entre Algériens, une des victimes étant un avocat algérien. Enquête bâclée, poussière sous le tapis.
Le Bon, c’est Luc, un jeune flic, naïf, chargé de l’affaire, qui ne se contente pas des conclusions de ses supérieurs. La Brute, Sirius Volstrom, homme de main, ancien collabo, chargé par l’adjoint de Papon de faire disparaître l’assassin de l’avocat ; il ne refuse aucune mission même meurtrière pourvu qu’on le paie. Le Truand, Carrega, le bandit corse, ancien résistant, vrai trafiquant, appelé pour faire la lumière sur le massacre du quai Montebello, par un camarade de la Résistance. Roman choral à trois voix, chacun raconte son histoire qui se tresse à celle des deux autres.
Nous allons croiser Mitterand et être témoin de l’Attentat de l’Observatoire (16 octobre 1959), entendre Michel Debré dans un « discours de mobilisation patriotique » sécurisé par le SAC, voir émerger l’OAS dont j’avais oublié que les initiales signifiaient l’Organisation de l’Armée Secrète, avec ses actions meurtrières, dont le déraillage du train de Vitry-le-François qui a fait 28 morts et 160 blessés, et pour finir la répression sanglante de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961.
Leçon d’Histoire, dans un thriller très bien mené avec des personnages secondaires bien campés dans un Paris interlope derrière Montmartre, quand roulaient Simca, Dauphine, qu’on faisait poinçonner le ticket de métro en carton.

A la sortie de l’exposition Silla nous avons déjeuné coréen dans le restaurant du musée. La carte est difficilement compréhensible pour le novice. Nous avons choisi un bulgogi lamelles de boeuf mariné puis mijoté et servies avec des légumes dans une sauce parfumée. Dans un bol métallique (en bas à gauche) du riz avec des coupelles contenant, haricots verts, chou, racine de lotus. Les baguettes sont métalliques, très design
.
pour dessert des mochi, mangue, thé vert ou litchi. Délicieux.
Pour un plat, un dessert et un thé comptez 29€
EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 6 juillet

Récemment, dans le métro parisien, la cosmétique s’affichait proposant des produits de beauté. K-beauté, K-pop, la Corée a le vent en poupe, très populaire chez les jeunes qui reproduisent les chorégraphies s’inspirent de la mode, des gadgets et des mangas.
Qu’est-ce qu’être belle ou beau en Corée?

L’exposition propose des portraits de beauté selon les canons de la période Joseon (1392-1910)

les coiffures sont spectaculaires. L’exposition fait une belle place auxe soins des cheveux, les postiches, les peignes et les aiguilles à chignon .

Une section est connsacrée aux cosmétiques, remèdes et soins . Un traité médical de 1613, est présenté dans une vitrine avec les poudres, les produits utilisés pour la toilette (grande importance de l’hygiène, ablutions et aux soins des cheveux) des poudres, des huiles parfumées sont également présentés.

Dans les années 1920 -1930, la Corée subit de profondes transformations avec l’infljuence du cinéma et des magazins féminins qui diffusent les clichés de la modernité.
Après la Guerre de Corée, (1950-1953)la partition du pays, la beauté se trouve « en reconstruction » avec l’influence de l’industrie du divertissement américain.

Les Jeux Olympiques de Séoul (1988)procurent à la Corée une notoriété culturelle. A partir de 2010, le préfixe K-se décline dans les exportations culturelles dont la K-beauty : industrie cosmétique mais aussi cinématographique, et essor de la K-pop. Les vedettes de la K-pop témoignent de la recherche esthétique qui combine les canons traditionnels du Joseon à une imagerie futuriste

Cependant ce rapport à la beauté avec des canons précis est une réalité contraignante : régimes alimentaires, chirurgie esthétique..
une vidéo présente l’histoire d’une jeune fille qui ne peut pas nouer de relation avec des garçons parce que son image n’est pas conforme. L’exposition ne fait pas l’impasse sur ce conformisme induit par la dictature de l’apparence.
Exposition temporaire jusqu’au 31 Aout 2026

Des trésors fabuleux ont été mis au jour sous les tumulus des tombeaux royaux de Silla de la ville de Gyeongju. Ce brillant Royaume de Silla a duré un millénaire de 57 avant JC à 935. Petite province au sud de la péninsule, il s’est étendu à toute la Corée actuelle.

Or et jade (provenant du Japon). orfèvrerie très sophistiquée pour des objets de prestige : couronnes ouvragées,

Armes de prestige, façonnées sur place ou de provenance lointaine comme la dague perse

Ces provenances étrangères montre que le royaume de Silla entretenait des relations commerciales avec les nations voisines. Bijoux d’orfèvrerie mais aussi cuirasse de chevaux de parade, toute la cuirasse est décorée avec une sophistication extraordinaire

la poterie est aussi d’une grande beauté



Au 6ème – 7ème siècle le royaume adopte le Bouddhisme et l’iconographie change

les représentations des personnages du zodiaque bouddhique sont très curieuses

La visite se termine dans une curieuse « grotte » j’ai mis les guillemets parce que ce n’est pas une grotte naturelle mais un édifice construit recouvert par un tumulus. Le Bouddha monumental est un hologramme projeté sur un écran noir, mais il fait tellement illusion que nous nous posions le problème du fret- par avion ou bateau? – quand il s’est évaporé, pour revenir quelques minutes plus tard.
CHALLENGE DES DEUX GEORGE

Ce mois de Mai nous avons découvert Les beaux Messieurs du Bois-Doré, un roman de George Sand qui se situe au début du XVII siècle au moment de la Fronde et des querelles larvées des guerres de religion.
Pour George Eliot, nous avons lu Adam Bede, son premier roman après les trois nouvelles qu’elle avait d’abord publiées, une peinture réaliste et réussie de la vie rurale en Angleterre au début du XIX siècle avec les destins personnels et parfois tragiques de ses personnages.
Nous attirons votre attention sur les romans de George Eliot que Nathalie, admiratrice de l’écrivaine, a lus au cours de ces dernières années.
Pour le mois de Juin vous pouvez nous rejoindre pour une des lectures suivantes :
Lectures avec Miriam et Claudialucia :
George Sand : un court roman intitulé Gabriel sur un sujet étonnamment contemporain que je vous laisse découvrir.
Avec Miriam :
George Eliot : Middlemarch et George Sand : Biographie de Michelle Perrot
Avec Claudialucia :
BILAN 3
Mois de Mai
claudialucia
https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/05/george-eliot-adam-bede.html
George Sand : Les beaux messieurs du Bois-Doré
https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/05/george-sand-les-beaux-messieurs-de-bois.html
Miriam
George Eliot : Adam Bede
https://netsdevoyages.car.blog/2026/05/28/adam-bede-george-eliot/
George Sand : Les beaux messieurs du Bois-Doré
https://netsdevoyages.car.blog/2026/05/15/les-beaux-messieurs-de-bois-dore-george-sand/
Nathalie
Felix Holt, le radical
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/11/une-epoque-de-ce-genre-est-une-epoque.html
Le moulin sur la Floss
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2020/04/je-ne-desire-aucun-avenir-qui-brise-les.html
La repentance de janet
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2026/02/elle-vit-les-annees-venir-setendre.html
Silas Marner et Mona Ouzouf L’autre George
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/07/une-condition-vagabonde-se-concevait.html
Middlemarch
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2019/09/il-y-avait-la-une-femme-qui-avait-connu.html
Daniel Deronda
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/01/je-crois-quil-ne-ressemble-pas-aux.html
Le roman d’amour de mr Gilfil
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2026/05/80-parmi-les-britanniques-adultes.html
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Je ne rajouterai rien à tous les hommages, bien plus pertinents et avertis.
Seulement l’envie de réentendre sa voix dans les podcasts de RadioFrance qui enchantent mes balades en forêt. Prendre Edgar Morin pour compagnon de marche et traverser le siècle.
A voix nue : 5 épisodes de 30 mn CLIC
Musique Emoi : CLIC
Le relire peut-être : je garde en mémoire son merveilleux Vidal et les siens qui m’a fait retourner à Salonique et j’ai téléchargé La Rumeur d’Orléans
CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

785 pages, lu en 11 jours
Immersion dans la campagne anglaise : village d’Hayslope dans les Middlands, de juin1799 à juin 1807. George Eliot décrit avec minutie et vivacité la vie de cette communauté rurale.
George Eliot présente les personnages dans leur milieu de vie : l’atelier des frères Adam et Seth, charpentiers. La ferme du Manoir, vieille demeure tenue par les Poyser, fermiers prospères avec leurs petits enfants, deux nièces Hetty et Dinah, les servantes, les ouvriers agricoles et bien sûr les animaux. La laiterie de Mrs Poyser est particulièrement prisée et la jolie Hetty écrème le lait et baratte un beurre réputé. Au presbytère, nous ferons la connaissance du pasteur Irwine, de sa mère très distinguée et de ses soeurs. Le seigneur du village est le vieux chevalier, son petit-fils, le capitaine Arthur qui va fêter ses 21 ans, s’aprête à prendre la succession et à donner une nouvelle impulsion aux domaines. Au cours des evènements, nous rencontrerons le vieux maître de l’école du soir, Bartle Massey, exigeant et consciencieux,plutôt bougon et mysogine. Sans oublier le jardinier écossais, Mr Craig, et différents villageois…
La vie quotidienne se déroule dans un décor précis, qui changera avec les saisons. Les travaux agricoles rythment la vie du village avec les foins qui doivent être récoltés secs, les fêtes des moissons qui rassemblent tous les ouvriers agricoles.
Des évènements vont rassembler la communauté villageoise, l’enterrement du père d’Adam et Seth, la fête qu’offrira le capitaine Arthur pour tous les fermiers de son domaine. Les réjouissances sont décrites avec une abondance de détails.
L’action avance peu. L’ intrigue est simple : qui va conquérir le coeur de la jolie Hetty? Adam Bede, timide n’ose pas se déclarer. Il va découvrir qu’Hetty a cédé à la cour que lui a fait Arthur…. Autour de cette histoire d’amour George Eliot nous livre une analyse psychologique très fouillée. A quoi rêve une jeune fille ravissante, que l’autrice compare à une petite chatte? Le destin des trop jolies filles n’est pas simple, (attention spoiler!) je ne vais pas vous priver des surprises ….
Un autre sujet abordé concerne la religion. A côté de l’Eglise Anglicane officielle qui assure la cohésion sociale plutôt qu’une vie spirituelle, se réunissent des dissidents. Méthodistes ou Quakers, avec des prédicateurs inspirés, drainent des foules souvent deshéritées. Dinah, la nièce des Poyser, les fermiers du Manoir, est une prédicatrice convaincue. Malgré sa tenue austère, son chapeau ridicule, elle a beaucoup de charme et même lepasteur anglican, Irwine l’apprécie. Cet aspect de prédication et les références bibliques m’ont un peu ennuyée, il me manque les références culturelles!
J’ai donc découvert avec grand plaisir ce roman villageois. Par de longs plans-séquences, la lectrice partage la vie de Hayslope sous tous ses aspects. Il faut prendre du temps, se laisser emporter, par un voyage à petite vitesse.