Leonora Carrington au Musée du Luxembourg

 juillet Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026

Artes 110 – autoportrait symbolique

Une découverte pour moi !  Leonora Carrington (1917 – 2011) née en Angleterre, peint très jeune. Ses aquarelles peintes à Florence à l’âge de 15 ans sont bluffantes. on peut y trouver de nombreux thème qu’elle exploitera tout le long de sa vie : sa crinière rousse (venant peut être de l’Irlande de sa mère) et qu’on retrouvera dans celle des chevaux, le goût des belles robes et les petites fées fantastiques. Déjà, on note ce qui deviendra le Surréalisme. 

Sisters of the Moon : Juliette (1932)

Elle voyage en Italie, pour « Le Grand Tour » et sera marquée par la Renaissance italienne

 

Leonora Carrington et Max Ernst (inachevé)

En 1937, elle rencontre Max Ernst avec qui elle s’installe à Saint Martin-en-Ardèche. Leur maison est une oeuvre d’art : Max Ernst sculpte à l’extérieur, elle peint les portes, les fenêtres.

Fenêtre peinte

Avec l’occupation nazie, Max Ernst est interné au Camp des Mille, comme allemand. Ils cherchent à fuir et à rejoindre l’Amérique.

Leonora Carrington et Max Ernst

Leonora passe par l’Espagne et connaît un passage difficile, à la suite d’un viol collectif, elle est internée dans un hôpital psychiatrique à Santander dans des conditions terribles

max Ernst : Le médecin Espagnol (c’est le monstre à côté du cheval, Leonoral s’enfuit et le mouchoir représente Max Ernst
..

 

Elle finit par retrouver les surréalistes à New York en 1941 puis s’installe à Mexico en 1942

Kati Horna (1947) Portrit de Leonora Carrington

Sa production est présentée dans la section Le voyage de l’héroïne et Cuisine Alchimique. Le plus souvent ésotérique, toujours surréaliste. je retrouve ses obsessions : le cheval, son alter-ego, les oiseaux parfois familiers, souvent effrayants, 

ladies run there is a man in the rose garden

Souvent de nombreux personnages peuplent le tableau. Il faudrait rester longtemps pour découvrir les détails. Malheureusement on se bouscule dans les salles du Musée du Luxembourg.

 

Certains tableaux sont effrayants d’autres très amusants comme cette sorcière qui donne une perle à un aigle observée par deux spectateurs cachés

Nourrissant la table

 

Avec Leonora Carrington, le surréalisme  peut être très amusant!

Dans les pas de NADAR le Républicain – Jean- Claude RAGARU

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Bonne pioche de la Masse Critique merci à Babélio et aux éditions du Petit Pavé. 

En 2019, la BNF avait offert une belle exposition aux trois Nadar, Félix le plus célèbre, Adrien son frère et Paul le fils. CLIC par ailleurs, j’ai souvent rencontré Nadar dans les expositions, soit les photographies de ses contemporains, soit ses caricatures. Ils ont portraituré presque un siècle de célébrités. 

Panthéon Nadar

La courte biographie de J-C Ragaru (165 p. ) illustrée de nombreuses photographies, caricatures, lettres et documents s’attache à donner une approche complète de Félix Nadar. L’auteur a pris en compte les différentes étapes de sa carrière : journaliste, caricaturiste tout d’abord, photographe à partir de 1854, puis passionné d’aéronautique, de photographies aériennes, entre autres activités. 

R1garu raconte tout d’abord une vie de bohème sous le patronage de l’éditeur Hetzel et du directeur de journaux satiriques Philipon. On pense aux Illusions perdues, on est dans Balzac! On croise de nombreux hommes célèbres, Balzac, Gerard de Nerval, Victor Hugon George Sand…Nadar a souvent recours à des expédients pour faire fortune : son idée de génie est le fameux Panthéon Nadar où chacun veut figurer

Chacun veut son portrait, en caricature ou en photo. Avec son frère Adrien, il ouvre un atelier, puis un autre. La photographie atteint un développement presque industriel, opération rentable.

Une nouvelle passion le tient, ruineuse, l’aérostat, après un envol en ballon captif. Il met au point un très gros ballon Le Géant qui finira sa course en se trainant lamentablement. Le gros ballon devait financer un autre essai de vol préfigurant l’hélicoptère. Nadar devient un personnage de Jules Verne qui s’en inspirera pour Robur le Conquérant. Ce pionnier de l’aéronautique photographe saura combiner ses deux techniques avec la photographie aérienne appliquée au cadastre en temps de paix, puis à la surveillance des opérations militaire pendant le siège de Paris  pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Enfin, il participera à l’aéropostale, par ballons puis par pigeons quand Paris se trouvera isolé. Ragaru a beaucoup développé cet aspect de la vie de Nadar, et m’a un peu perdue dans la description en détail des différents ballons. 

C’est aussi une biographie sensible qui montre Nadar toujours fantaisiste, bohème même sur les périodes de sa maturité . Toujours républicain, de la monarchie de Juillet qu’il caricature dans sa jeunesse, sous le Second Empire où il renoncera à certaines entreprise pour ne pas se soumettre à Napoléon III; Toujours attaché à ses amis républicains. . Il nommera aussi  es ballons  « Louis Blanc »; « Armand Barbès » « George Sand. Vers la fin de sa vie il sera dreyfusard  et étrillera Gambetta dans un pamphlet rabelaisien.

Promenade agréable sur terre comme dans les airs!

Balade dans le XIIIème : Le Corbusier de Chevaleret à La Cité Universitaire sous la pluie

TOURISTE DANS MA VILLE

Cité le Refuge de l’Armée du Salut – rue Cantagrel

La promenade part de la rue du Chevaleret. En bonus, nous admirons le Street Art très présent dans le XIIIème

Escalier Street Art descendant rue du Chevaleret

Une façade du Refuge borde la rue du Chevaleret, peu spectaculaire : c’est l’entrée d’un garage. Occasion d’aborder un des aspects de l’urbanisme selon Le Corbusier : dès les années 20 du siècle précédent, Le Corbusier voue une importance particulière aux voitures (et aux avions) marqueurs de modernité. Il dote donc le Refuge d’un garage au rez de chaussée. Un peu paradoxal, le Refuge appartient à l’Armée du Salut et il est fort improbable que les résidents possèdent un véhicule. Au dessus du garage la façade est vitrée, soit en pavés de verre Nevada soit en grandes baies vitrées qui ne s’ouvraient pas à l’origine. Cet immeuble était prévu « à respiration saine » avec l’air pulsé (qui n’a pas fonctionné). 

Le Refuge rue du Chevaleret

La Cité du Refuge s’ouvre sur la Rue Cantagrel. Le Corbusier fut introduit grâce à Auguste Perret dans les milieux de l’architecture. La Princesse Singer de Polignac, mécène de l’Armée du Salut, lui procura avec Jeannenet la commande après la Crise de 29. Il fut inauguré en 1933. 500 lits en dortoirs et chambres individuels logent dans le grand bâtiment. Les étages supérieurs étaient occupés par les logements du personnel.

L’entrée est inspirée par Mondrian. La façade, à l’origine  en verre, a souffert des bombardements, elle a été restaurée avec les couleurs typiques des bâtiments de l’architecte. Des cadres en béton servaient de pare-soleil. 

occasion pour notre guide de citer les principes du Corbusier : pilotis, toits-terrasses, fenêtres bandeaux, plan libre avec plateaux modulables, façade libre.

Un petit bâtiment rond près de l’entrée agrémente la longue façade plane.

Après la rue de Dessous des Berges, nous passons à côté du jardin Berthe Morisot et arrivons sur les Maréchaux : Boulevard Massena où un grand phare street-art capte notre regard. 

Street art bld Massena

En remontant vers la Porte d’Italie, nous passons devant la monstrueuse caserne de pompier Massena, brutaliste. En face au n° 26 se trouve la Villa Planeix construite en 1924-1926 pour le sculpteur Antonin Planeix. Au rez-de chaussée, un garage est surmonté de deux appartements ateliers. Les ateliers sont éclairés par des sheds comme les ateliers des usines. 

Villa Planeix façade bld Massena

Si le côté boulevard n’est pas franchement avenant, en faisant le tour on voit qu’un jardin arboré avec des coursives et des escaliers extérieurs devaient être très agréables.

En faisant le tour, on passe devant l‘atelier Chemetov cube de verre, bambous, et passages par les fenêtres.

pavillon du Brésil

Court trajet en tramway T3 jusqu’au Stade Charlety pour parvenir à la Cité Universitaire Internationale. Le pavillon du Brésil porte la signature et le style du Corbusier :pilotis, toit terrasse, façade plane et couleurs communes à l’architecte et au Brésil : beaucoup de jaune et de vert. Des carrés blancs sont à l’emplacement despsse-plats initialemnt prévus mais obturés.  Cependant ce bâtiment n’a pas porté chance au Corbusier qui postulait à la construction de la nouvelle capitale Brasilia et qui a été recalé au bénéfice de Niemeyer.

le Corbusier : pavillon de la Suisse

Le Corbusier était suisse. Le pavillon suisse lui revenait naturellement. Point de chalet d’alpage, du moderne, pilotis, façade de verre et même un petit piquant « qui s’y frotte s’y pique » : un cédrat avec des épines acérées, arbre qui ne pousse pas dans les Alpes helvétiques et véritable piège pour les étudiants suisses qui ne se méfient pas.

Salon du pavillon de la Suisse

Moyennant 2€, on peut visiter l’intérieur. Nous nous installons très confortablement dans les fauteuils tubulaires dessinés par Le Corbusier- Jeannenet et charlotte Perriand. Pendant l’occupation allemande, la fresque originelle photographique a été détruite. Le Corbusier l’a repeinte en imitant Picasso . La partie droite s’inspire du poème de Mallarmé : l’Eventail rappelé par quelques mots 

l’éventail de Mallarmé

On peut aussi visiter une chambre d’étudiant, sobre fonctionnelle, avec une grande table face à la baie vitrée.  6 x 2.8 m, elles paraissent pourtant très vastes et sont équipées d’une douche.

la cité linéaire

Sur ce banc émaillé , le plan pour une cité linéaire. Cette civilisation machiniste évoquée plus haut n’attire pas toutes les sympathies. Le plan Voisin détruisait tout Paris en faisant passer des autoroutes du nord au sud au risque de détruire la Sainte Chapelle et la Conciergerie, ainsi que d’Est en Ouest ne laissant que le Louvre et l’Hôtel de Ville. Pire encore le Plan obus à Alger qui remplaçait toute la ville par un immeuble en corniche de 17 km de long. Et le pire, c’est que Le Corbusier y croyait. Il a même été à Vichy pour gagner le soutien des autorités pétainistes. Tandis que son associé et cousin Jeannenet rejoignait la Résistance. 

A la Cité de l’Architecture, au Trocadéro, on peut voir en ce moment la maquette du Pavillon de l’Esprit Nouveau pour l‘Exposition Art Déco 1925 ainsi qu’une réplique d’un appartement de la Cité Radieuse de Marseille qui se visiter sur place. 

Il reste encore de nombreuses œuvres à visiter pour se faire une opinion sur ce constructeur. Je reste perplexe.

Le Moulin sur la Floss – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE

Un beau pavé de 779 pages.

Paru en 1860.

L’action se déroule à partir de 1820 pendant une quinzaine d’années dans un village du Nord de l’Angleterre.  Au moulin sur la Floss,  le meunier Mr Tulliver, et sa femme Bessie, Tom et Maggie, leurs deux enfants et leurs oncles et tantes, les Dodson, forme  une famille très comme il faut. Le moulin est déjà dans la famille Tulliver depuis plusieurs générations.

 Au début du roman, Tom a une douzaine d’années.  Son père nourrit pour lui de grandes ambitions ;  il l’envoie donc étudier le latin et Euclide .  Maggie,  9 ans, une belle petite fille aux yeux noirs, très éveillée, est déjà fascinée par les livres et prête à toutes les aventures. Elle voue une grande affection pour son frère, pas toujours payée de retour, c’est connu, les jeunes garçons n’ont pas beaucoup de considération pour les filles.

Quant à la petite, elle tient de moi ; elle est beaucoup plus intelligente que Tom. Trop intelligente même pour une femme, ajouta Mr Tulliver en hochant la tête. Ce n’est pas grave tant qu’elle est enfant, mais une femme à l’esprit trop vif ne vaut pas mieux qu’une brebis à la queue trop longue

George Eliot insiste sur la différence d’éducation et d’opportunité entre les garçons et les filles. Maggie dérange avec sa vitalité et ses initiatives. la petite fille modèle c’est Lucy avec ses boucles blondes, son teint clair et ses robes soignées. Dans un geste de révolte Maggie se coupera elle même les cheveux, et fuguera même pour rejoindre les gitans. 

Chez le pasteur où Tom étudie, Maggie fait la connaissance de Philip, le fils de l’avocat Wakem, affligé d’un handicap physique mais brillant élève, bon conteur, artiste. Une amitié se noue entre Philip et Maggie. La perte du procès de Mr Tulliver et la faillite  mettra fin aux études des enfants qui rentreront au moulin dans la ruine et le déshonneur. Mr Tulliver impute à l’avocat Wakem sa déconfiture, une haine s’installe entre les deux  familles. Tom interdit à Maggie de fréquenter Philip.  Limites de la solidarité familiale dans la bonne société des Dodson soucieux de l’opinion publique…

Une qualité remarquable du caractère Dodson était la franchise ; ses défauts comme ses vertus
provenaient d’une sorte d’égoïsme orgueilleux, mais honnête, qui avait une profonde aversion pour tout
ce qui menaçait sa réputation

Tom et Maggie ne sont plus des enfants. Tom va faire du commerce et s’insérer dans la société des notables. Maggie devra se contenter d’un poste de gouvernante. Comme toutes les jeunes filles, c’est la recherche d’un bon mari qui est l’avenir tout tracé, pour Maggie et pour sa jolie cousine blonde Lucy .  Nous suivrons ces amours à rebondissements. Et encore, l’opinion publique n’est pas tendre pour les filles!

Je me suis laissé entrainer dans l’histoire de cette famille, revers de fortune, honneurs et déshonneur…  Analyse psychologique très fine. Analyse de cette microsociété avec ses préjugés, ses rites, ses usages mondains.

Mais, en vérité la bonne société possède tout naturellement et sans effort son vin de Bordeaux et ses
tapis de velours ; elle a ses invitations à dîner six semaines à l’avance, l’opéra et les bals féeriques ; elle
promène son ennui sur des pur-sang, passe des heures entières au club, trouve sa science toute faite
dans Faraday et attend son enseignement religieux de dignitaires du clergé que l’on rencontre dans les
salons les plus distingués

Toujours dans le décor de la rivière, du moulin et des pins. la rivière jouera un rôle inattendu mais je ne vais pas divulgâcher!

Constable : Flatford Mill

Il faut donc se laisser porter au rythme lent de la campagne anglaise, savourer les promenades au bord de l’eau,  écouter les commérages autour d’une tasse de thé, et passer un bon moment dans le Lincolnshire.

 

Admirations – Gilles Pialoux

MEDECINS ET SCIENTIFIQUES 

« La crise sanitaire a révélé toute l’ambivalence de notre rapport à la science et le peu de crédit que nous accordons à la rationalité qu’il lui revient d’établir. Lorsque, d’un côté, l’inculture prend le pouvoir, que, de l’ autre, l’argument d’autorité écrase tout sur son passage, lorsque la crédibilité de la recherche ploie sous la force de l’événement et de l’opinion, comment garder le goût du vrai – celui de découvrir, d’apprendre, de comprendre ? […]La médecine, paradigme absolu de la confiance, est désormais reléguée aux marches de la défiance ». 

« Comment, à partir de portraits de grands médecins et scientifiques, redonner le goût d’admirer, d’embrasser la vocation, de suivre le chemin de ces grands praticiens inconnus ou injustement oubliés ? »

Gilles Pialoux est  chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, spécialiste du Sida, il a vécu la crise du Covid à l’hôpital.  Accessoirement, il a été journaliste à Libération. Il livre ses « Admirations » pour des médecins ou scientifiques connus ou méconnus à travers le prisme de son vécu.

Admiration pour des savants connus comme Marie Curie, Yersin ou Hippocrate ou méconnus : Madeleine Brès(1842-1921) Zénon Drohocki(1903-1978),  James Miranda Stuart Barry (1789 -1865), Marthe Gautier(1925-2022). Son ouvrage Admirations se compose de 7 biographies détaillées et d’un  » abécédaire de quelques oubliés « subjectivement repêchés ». 

Parmi les méconnus, les oubliés, les repêchés, nombre de femmes qu’on aurait peut-être qualifier d’empêchées, justement parce que femmes.

La  première qui ouvre le bal, Madeleine Brès, est « la première Française à avoir prêté le serment d’Hippocrate le 3 juin 1875 après avoir soutenu à l’âge de 33 ans une thèse féminisante intitulée « De la mamelle et de l’allaitement ». A force d’entêtement, elle réussit à s’inscrire en médecine. La guerre de 1870 qui mobilise les médecins au front, est pour elle une opportunité. Après une carrière honorable, elle a fondé une crèche et avait une nombreuse patientèle, elle finira dans la misère aveugle et abandonnée. Gilles Pelloux, à l’occasion, soulève le problème de la misogynie qui sévit encore de nos jours. Après avoir interdit aux femmes l’exercice de la médecine, le harcèlement existe encore justifiant #Metoo à l’hôpital. 

Marthe Gauthier, un siècle plus tard, Découvreuse oubliée (et pillée) du chromosome de la trisomie 21. Après un stage aux Etats Unis où elle a acquis les techniques de culture des cellules, a réalisé le caryotype de cellules d’enfants trisomiques et a mis en évidence le chromosome supplémentaire, cause de la pathologie. Lejeune, généticien de renom lui a tout simplement volé la preuve de sa découverte, une photographie, puis l’a ignorée dans les publication, altérant même son prénom et son nom, enfin s’est approprié ses carnets de laboratoire qu’il a fait disparaître. Non content de s’être approprié la découverte, « il est connu comme farouche militant anti-IVG et pro-life » et « malgré les polémiques, en voie de canonisation » . 

En passant, on découvre que : Rosalind Franklin fut également oubliée pour le Nobel : 

en 1953 pour la découverte nobélisée neuf ans après de la structure en double hélice de l’ADN par James
Watson, Francis Crick et Maurice Wilkins. Les trois Nobel oubliant au passage l’apport considérable d’une
certaine Rosalind Franklin, morte d’un cancer de l’ovaire sans doute lié à ses recherches irradiantes comme Marie Curie qui utilisa dans son laboratoire du Kings College à Londres la diffraction des rayons X pour étudier la structure de l’ADN…

Et, c’est bien sur l’insistance de Pierre Curie, son mari, que Marie Curie ne fut pas écartée. 

Zénon Drohocki : l’électrochoc de la déportation – est mis en lumière dans Admirations. Neurologue de renom en Pologne, Drohocki décrit en 1937 une analyse de l’EEG et met au point une technique d’électrochocs.

Juif polonais, Drohocki ne pourra plus exercer sa vocation médicale au moment de la Shoah. C’est cette même vocation, toutefois, qui va lui permettre de sortir vivant du camp d’Auschwitz

Il fuit donc la Pologne en 1938, passe par la Belgique et Paris puis exerce dans la Drôme et se fera arrêter en fuyant vers la Suisse. Drancy, puis 5 camps de concentration. Dans son sac, les plans de son appareil à électrochocs qui intéresse les nazis mais qui lui sauvera la vie :

Au-delà des secousses et de l’amnésie, il y avait aussi ces temps suspendus pendant lesquels les prisonnier(e)sdes différents sous-camps pouvaient entrer en contact pour la première fois, organiser des rencontres, transmettre des lettres. La rumeur sur les bienfaits des électrochocs de Drohocki agrandit le cercle des candidat(e)s bien au-delà de Birkenau

Les fils électriques de Zénon ne transmettaient pas que de l’électricité mais de la chaleur humaine, du lien, des
rencontres inespérées, des missives, de la survie, de la productivité et de l’espoir

Par pudeur ou par douleur; il n’écrira pas son histoire…

 

j’ai trouvé cette histoire bouleversante.

Le chapitre le plus étonnant concerne James Miranda Stuart Barry : chirurgien colonial pionnier de la césarienne et mélange des genres. Chirugien militaire de l’Empire britannique. Né à Cork en Irlande, il s’inscrit comme étudiant en médecine à Edimbourg. Etudiant brillant et studieux, il fait des étude brillantes. Il bénéficie de la protection de son oncle, le peintre James Barry et du général Miranda, révolutionnaire vénézuélien. Affecté au Cap en Afrique du Sud, il sera un pionnier de la chirurgie obstétricale.  et réalisa la première césarienne réussie pour la mère et l’enfant qui fut baptisé James Barry Munnik, dont la descendance perpétua le nom. Ma chronique va s’arrêter ici parce que la suite vous surprendra et que je ne veux pas spoiler.

Ce livre vous apportera bien des surprises, des clins d’oeil à l’actualité, et un grand bond en arrière dans le temps, pour Hippocrate – occasion de lire le Serment qu’on ne connait pas en détail si on n’est pas médecin. Aussi de faire connaissance avec Agnodice (350 av JC) qui dut se travestir en garçon pour exercer la médecine. 

Grande richesse bibliographique :  Pialoux, en bon scientifique est coutumier de citer ses sources. J’ai fait entrer dans mon pense-bête de Babélio deux BD  : La vie mystérieuse, insolente et héroïque du Dr James Barry  Ed Steinkis, et les soeurs d’Hippocrate Ed Les Arènes. En revanche, pour ce qui concerne Yersin, j’ai préféré Peste & Choléra de Patrick Deville. 

 

Exposition Générale -Fondation Cartier

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le

J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier, Bld Raspail, dans le beau bâtiment de Jean Nouvel avec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux  place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.

Au premier plan sculpture de bois de Véio
au fond Ribalta d’Eliane Duarte

Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes  : Machines d’Architecture, Etre nature, Making things et Un Monde réel . Les  œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et  grande installation. 

Garouste – Indienne

Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash. 

Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée

petite Cathédrale Alessandro Mendinii

les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale (2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel. 

Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….

le sapin sur la colonne

A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.

Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!

Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique

Ma préférence va au projet de Kinshasa utopique de Bodys Isek Kingelez avec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.

Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon

Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués  dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC

Simon Hantai

Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages. 

Othoniel paysage amoureux

Le paysage amoureux d’Othoniel m’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes.  « objet rituel et érotique  » note le cartel. 

Ribalta Eliane Duarte (Brésil)

Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .

Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.

Qui se ressemble – Agnès Desarthe –

APRES LE 7 OCTOBRE

sI vous aimez lire en musique téléchargez Enta Omri, Oum Kalthoum sera la bande-son d’une partie du livre….(51 minutes quand même)

J’ai écouté Agnès Desarthe sur le podcast de France Inter Totémic CLIC qui m’a incitée à lire ce livre. Mais attention, spoilers! Après Le Château des Rentiers, et sa famille ashkenaze, elle nous fait connaître la branche paternelle,  de sa famille. Sa grand mère, Bouba, libyenne, passée par l’Algérie, analphabète et arabophone, est un personnage !

Le roman est écrit à hauteur de petite fille de 9 ans  qui découvre  son identité le soir de Kippour, le 6 octobre 1973.

« Oui, c’est la guerre. Mon estomac se noue aussitôt. Je comprends les traits tirés. Je comprends les larmes qui à
présent débordent des paupières. – La guerre avec les Allemands ? dis-je avec un frisson d’horreur. Je pense
au père de ma mère, mort à Auschwitz, je pense à Hitler, aux nazis, aux trains de la déportation. – Non, me répond-on. Avec les arabes. En moi-même, je réplique : Avec les arabes ? Mais voyons, c’est impossible. Les arabes, c’est nous »

En effet, chez la grand-mère les adultes s’expriment en Arabe. On écoute Oum Kalthoum …. la guerre a rattrapé la fête, même après le jeûne, personne ne songe à dîner

« Tu vas manger un petit peu, mais ça n’a pas d’importance. Ce soir, personne ne fera attention aux assiettes. –
Pourquoi ? – Parce que c’est la guerre. – La guerre entre les arabes et les arabes ? – Non, la guerre entre les
arabes et les juifs. – Et nous, on est les juifs, soupire-t-elle tristement. Comme si elle venait de perdre quelque
chose, un morceau de son identité. – Tu viens de perdre un morceau de ton identité, lui dis-je, afin de confirmer sa sensation, pour que les mots se posent comme une compresse sur son tourment »

Il sera aussi question d’identité française

Tu es française parce que tes deux parents sont français. Mais ça remonte plus loin. J’ai longtemps cru que ton
père et sa famille étaient devenus français grâce au décret Crémieux.
[…]
Crémieux quand même, dis-je et ça la fait rire. Un décret, c’est un genre de loi qui est appliqué sans vote. C’est par ce dispositif que les juifs d’Algérie, à l’époque où ce pays était une colonie française, sont tous devenus
français.

Pourquoi seulement les juifs d’Algérie ? Pourquoi pas les musulmans d’Algérie ? ». Saurais-je lui répondre ? Qu’a cru faire M. Crémieux en accordant cette faveur inéquitable

Histoire du père, de son arrivée en France. Agnès Desarthe raconte bien, ses personnages sont vivants, attachants.

On devine les déchirements

Parce que le lendemain, c’est le 7 octobre

DU XIIIème à Ivry, Balade architecturale sous la pluie

TOURISTE DANS MA VILLE

Tours Duo – Jean Nouvel

PARIS RIVE GAUCHE est un projet d’aménagement s’étendant sur 130 ha d’Austerlitz jusqu’à Ivry. La ZAC a été crée en 1991. Depuis bientôt 35 ans, le quartier change. 

J’ai grand plaisir à aller à la Grande Bibliothèque pour de belles expositions et aux cinémas MK2 . De Créteil, j’emprunte le métro Ligne 8 jusqu’à Porte de Charenton puis le Tramway T3a . Parcourant l’avenue de France je remarque le nom des rues : Thomas Mann, Marguerite Duras, Françoise Dolto, Goscinny, Primo Lévi…des noms qui me parlent et qui décrivent un paysage intellectuel, proximité de la Grande Bibliothèque peut être?

Esplanade Vidal-Naquet – fontaine Wallace

Le rendez-vous avec le conférencier de la balade d’Explore Paris  intitulée « Paris-Ivry, aller et retour » est fixé esplanade Vidal-Naquet entre les Grands Moulins et la Halles aux Farines sur le campus universitaire Paris VII-Diderot devenue université Paris Cité depuis le désamiantage du campus de Jussieu (feuilleton à rallonge s’étalant de 1996 à 2016). Les Grands Moulins, une ancienne minoterie industrielle, fut construite lors de la Première Guerre Mondiale. La Halle aux Farines, en 1950, par l’architecte Honegger. Comme pour toute construction publique, une œuvre d’art plusieurs mosaïques au thèmes du Noeud Borroméen, entrelac cher à Lacan et à la psychanalyse

Mosaïque : nœud borroméen – Eric Duyckaerts

Une autre œuvre d’art orne l’Esplanade : Le Monochrome for Paris de Nancy Rubins, sorte d’arbre dont la canopée est formée de 10 barques et 50 canoës en clin d’oeil au blason et à la devise de la Ville de Paris, originellement prévue pour une station du tram T3 mais trop encombrante. 

Monochrome for Paris Nancy Robins

Nous arrivons sur le quai de Seine. Bruno Granozio notre conférencier, nous fait un rappel de l’histoire de Paris. Ce quai, avant l’agrandissement de Paris par Haussmann, appartenait au village d’Ivry. La Zac PARIS RIVE GAUCHE s’est fixé, entre autres objectifsde faciliter le passage vers Ivry, voire de gommer la limite entre Paris intra muros et sa proche banlieue rendant possible par une voie piétonnière et une piste cyclable : l’Allée Paris-Ivry » avec une végétalisation (discrète). 

la cheminée de la Sudac dépasse des buildings de verre

Nous marchons sur le quai en observant les constructions du Campus universitaire, le bâtiment de physique est protégé par un panneau de verre orné de chiffres, tissant une sorte de résille. Entre deux buildings modernes émerge la cheminée d’une usine ancienne : la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé) construite en 1890. L’air comprimé servait pour la distribution des courriers pneumatiques et au fonctionnement des horloges à air comprimé de la Ville de Paris. le bâtiment industriel remarquable est maintenant occupé par l’Ecole Nationale d’Architecture. 

biopark

Détour par la rue Watt et le Biopark jardin arboré planté de 32 savonniers de Chine entouré d’immeubles où clématites et glycine tentent de verdir le « parc » bien minéral. En fait de parc, c’est plutôt un espace privé où des entreprises Cap Gemini, Orange et d’autres profitent de la proximité de l’université et de ses ressources humaines et intellectuelles. Bien peu de jardin! Comme notre visiter se fait en février, le verdissement des façades est inexistant. Peut-être qu’à la belle saison les lianes grimpantes donnent de la fraîcheur? On fonde de grands espoirs sur le verdissement des cités modernes au temps du réchauffement climatiques mais j’ai souvent trouvé le résultat décevant. 

Grands balcons pour y installer des arbres

On a aussi construit de grands balcons pour y installer des arbres, les occupants les planteront-ils? les arroseront-ils? ou préfèreront-ils faire un salon d’été avec parasol?

l’escalier mène aux Bld des marréchaux et au lavomatik

Retour sur l’allée Paris-Ivry qui passe sous le pont. Nous passons un haut-lieu du Street Art . Sous l’échangeur il y avait un tiers-lieu orné de nombreux graphs. En été c’était très sympa, avec chaises longues, bar,  mais c’est fermé actuellement. L’échangeur a été réduit ce qui a libéré du terrain constructible pour l’opération immobilière des célèbres Tours Duo de Jean Nouvel qui culminent à 180 m et 120 m. Comme la Tour Triangle bientôt achevée, ces tours de verre et de béton me paraissent d’un autre âge. Elles ont été décidée en 2012; comme le changement climatique s’est accéléré. Il y a moins de 15 ans, on ne s’en préoccupait pas. Aujourd’hui, elles paraissent d’un autre âge. Il faut croire que le temps des urbanistes court moins vite que l’Anthropocène. 

Le Berliet ossature bois

Plus innovant, le Berliet, haut de 50 m est un bâtiment d’habitations privilégiant le bois. Cependant l’ossature et le noyau central sont en béton. A l’extérieur la structure est formée de poteaux de bois. Pour construire un tel gratte-ciel en bois, il a fallu obtenir des autorisations spéciale des pompiers. On remarque des cavités permettant d’aménager des espaces communs pour « favoriser le lien social ». Dans les constructions actuelles on invente des coursives, des escaliers, des terrasses ou voisins se côtoient et sont censés se rencontrer. C’est le principe du nudge sorte d’encouragement comme les inscriptions sur les escaliers du  métro « vous avez fait des exercices-cardio en montant ces marches », ou « merci d’avoir déposé vos ordures » dans la poubelle, encouragements à peu de frais. De la com, encore de la com! 

incinérateur d’Ivry, la cheminée neuve Syctom

Derrière le périf, on arrive à Ivry : sous le panache de l’incinérateur

L’ancien incinérateur, très polluant, rejetant des dioxines qui interdisent aux riverains de consommer les œufs quand ils ont un poulailler et, dit-on, les légumes de leurs jardin, doit être remplacé par le Syctom flambant neuf annoncé à renfort de panneaux. Cheminée éblouissante (pas aujourd’hui parce qu’il fait vraiment trop gris) bâtiment très design. Mais pas mis en service! Et voici qu’on a mis en route le troisième four de l’incinérateur de Créteil-Pompadou, et qu’on projette la construction d’une troisième unité à Vitry aux Ardoines! Je viens de signer la pétition contre l’incinérateur de Vitry!

Cimenterie Calcia

Comme le prix du foncier est beaucoup plus bas à Ivry qu’à Paris XIII, les magasins Truffaut, Leroy-Merlin et de nombreux siège sociaux s’y sont installés.Après un petit tour sous la cheminée, nous retournons vers Paris et découvrons à l’ombre des tours duo la cimenterie Calcia, selon les spécialistes un chef d’oeuvre du genre avec ses silos et la structure horizontale sur pilotis pour les bureaux. Elle fait l’objet d’un éclairage la nuit , une oeuvre d’art contemporain. 

immeubles variés

Au pied des tours Duo, de l’autre côte de l’Avenue de France, il y a un point de vue our découvrir les silhouettes variées des immeubles, blancs noirs, verts métallisé. On a voulu éviter la monotonie.  Au dessus des voies ferrées une dalle est coulée en ce moment sur laquelle on installera un jardin, bien nécessaire parce que tout le quartier est vraiment minéral.

Université de Chicago
Bâtiment de cours

Dernier arrêt : le bâtiment très élégant de l‘Université de Chicago de l’architecte jeanne Gang dont la façade est entourée de bâtons « stone sticks » contenant de la fibre de verre qui forme des claustras serant de brise soleiL. Accolé le bâtiment d’habitation pour les résidents (étudiants, professeurs) qui a toujours des colonnettes pour la cohérence. Notre guide nous fait remarquer le soin apporté à la façade et aux balcons intégrant les gaines, et surtout la présence de volets roulants, enroulés à l’extérieur. Enfin, on pense climat et canicule. Si des volets pouvaient dispenser de la climatisation couteuse et surtout très mauvaise pour le climat! 

université de chicago : habitations

 

La Petite Fadette – George Sand

CHALLENGE LES 2 GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Quel enchantement ce conte du chanvreur à la veillée !

Le parler berrichon m’a intriguée. Avoir besoin d’un glossaire m’a transportée. J’ai adoré ces expressions régionales ou désuètes qui m’ont intriguée. Je me suis amusée à deviner et n’ai pas toujours réussi la « retirance« =la ressemblance, ce n’est pas évident! Silvenet est amiteux = affectueux. « detemcer« = faire perdre du temps. Il faut aussi apprendre tous les travaux des champs qui n’ont plus cours » l’aumaille« qui désigne les bêtes à cornes, « l’ouche »= le verger…, « les tailles » , les « saulnées à prendre les oiseaux. ». Nohant et le Berry me semble bien mystérieux. Auriez-vous deviné ce qu’est le capharnion?

« carphanion. Vous me reprendrez peut-être sur ce mot-là, parce que le maître d’école s’en fâche et veut qu’on
dise capharnaüm ; mais, s’il connaît le mot, il ne connaît point la chose, car j’ai été obligé de lui apprendre que c’était l’endroit de la grange voisin des étables, où l’on serre les jougs, les chaînes, les ferrages et épelettes de toute espèce qui servent aux bêtes de labour et aux instruments du travail de la terre. »

Rosa Bonheur

Conte de Fées?

« La petite-fille de la mère Fadet, qu’on appelait dans le pays la petite Fadette, autant pour ce que c’était son nom de famille que pour ce qu’on voulait qu’elle fût un peu sorcière aussi. Vous savez tous que le fadet ou le
farfadet, qu’en d’autres endroits on appelle aussi le follet, est un lutin fort gentil, mais un peu malicieux. »

La petite Fadette est-elle une fée, comme son nom le suggère et sa grand-mère, la mère Fadet, une sorcière? 

« Elle pansait en secret, c’est comme qui dirait qu’au moyen du secret, elle guérissait les blessures, foulures et autres estropisons »

Fanchon Fadet a un autre surnom, peu flatteur « le grelet » (le grillon) et son petit frère le « sauteriot », les deux enfants sont moqués, rejetés, méprisés. Proche de la nature, et suivant les enseignements de sa grand mère, la Petite Fadette apprend le pouvoir des plantes,. Et l’enseigne à Landry qui soigne les bêtes. parce qu’il n’y a point de sorcellerie ni de pacte avec le diable ou les feux follets. 

« Quand j’étais toute petite, j’y croyais, et j’avais peur des maléfices de ma grand’mère. Mais elle se moquait de moi, car l’on a bien raison de dire que si quelqu’un doute de tout, c’est celui qui fait tout croire aux autres, et que personne ne croit moins à Satan que les sorciers qui feignent de l’invoquer à tout propos. Ils savent bien
qu’ils ne l’ont jamais vu et qu’ils n’ont jamais reçu de lui aucune assistance. »

Peut être un conte , plutôt une histoire d’amour. D’un amour improbable entre la petite sauvageonne et Landry le fils d’un propriétaire respecté dans son village, travailleur modèle, bon parti.

c’est vilain qu’une fille ait l’air d’un chevau échappé

parce qu’en Berry on dit un chevau et des chevals. 

Théodore Rousseau Fontainebleau

Amours secrètes parce que cette campagne boisée, avec ses taillis, ses ruisseaux se prête aux amours cachées.

En général je suis très mauvaise cliente pour les romans d’amour, mais je me suis laissé charmer, je vous laisse donc découvrir la fin de l’histoire.

Mickalene Thomas – All about Love – Grand Palais

Exposition temporaire au Grand palais jusqu’au 5 avril 2026

Clarivel Face Forward Gazing (2024)

Mickalene Thomas est une artiste afro-américaine, née en 1971 dans le New Jersey.  Photographe, peintre, vidéaste…elle magnifie le mouvement des années 1960 -1980 Black is beautiful

RESISTE

Je définis mon travail comme un acte féministe et politique…Je suis noire, queer et femme

Photographe, elle réalise des portraits dans la lignée des photographes maliens Seydou Keita et Malick Sidibé, mise en scène en studio avec des textiles africains. Ses modèles portent des tenues choisies par l’artiste

Elle détourne les images comme le Déjeuner sur l’herbe, Olympia ou La Grand Odalisque.

Déjeuner sur l’herbe

Peintre, elle va agrandir les photographies, les repeindre, les recouvrir de strass, de paillettes, de miroirs pour faire briller ces déesses afro.

African Goddess looking forwards

Elles sont belles, puissantes, sensuelles et regardent bien en face

Renversement des Odalisques orientaliste des harems de l’imagerie occidentales. Ces tableaux colorés gais sont présentés dans des installations : des salons un peu vintage avec fauteuils, coussins, plantes vertes. « Espaces-refuges » où les femmes noires se réunissaient entre elles

Salon vintage et odalisque

les visiteurs peuvent même s’asseoir dans un des salons pour regarder et écouter des vidéos de Angelos negros, 3 chanteuses  jouent le rôle de Eartha Kitt

La visite se fait en musique.

Dans une autre salle, les couleurs sont vert-bleu et l’atmosphère tropicale avec beaucoup de plantes vertes. Un mur vidéo avec 12 petits écrans déploie des images tantôt aux couleurs de wax, tantôt suggestive d’une femme nue qui se livre morceaux par morceaux, ou des images déformées comme vues sous l’eau.

Collage

A l’étage, une mezzanine présente des collages sous le mot d’ordre de Baldwin :

On ne peut changer tout ce qu’on affronte mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas

Les images sont moins glamour, plus grises faites de collages en référence à Picasso, Matisse, Faith Rainggold et Claude CahunCertains collages utilisent des photos de nus exotiques d’un photographe italien réalisées pour les plaisir de l’homme blanc. Les collages sont sous le regard d’une femme noire lesbienne. 

Comme souvent j’ai trouvé un podcast des Midis de Culture « une exposition séduisante mais un peu frustrante » CLIC 

A moment’s pleasure

Critique un peu sévère jugeant le travail de Mickalene Thomas comme peu subvertif reprenant les poncifs qu’elle veut dénoncer. A vous de voir…